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Ordre infirmier : le ministre demande l’organisation d’une concertation

11 août 2006

Ordre infirmier : le ministre demande l’organisation d’une concertation

Date de création : 19 janvier 2006

Paris, le jeudi 19 janvier 2006 - Pour de nombreuses associations et syndicats d’infirmières, la bonne résolution de l’année 2006 est de consacrer toute leur force de persuasion à la création d’un Ordre infirmier. Dès le 2 janvier, ces militants de l’Ordre représentés notamment par le Groupe Sainte-Anne étaient sur le pont et défendaient leur projet auprès du Directeur général de la Santé (DGS), le professeur Didier Houssin. Elles soulignèrent notamment qu’une instance ordinale des infirmières permettrait enfin de faire entendre d’une seule voix les désirs des infirmières, sans que leurs perspectives d’évolution ne soient appréciées de manière « segmentée ». Pourtant, dix jours plus tard, à l’occasion d’une réunion avec le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, son conseiller de cabinet Laurent Habert et le ministre délégué à la sécurité sociale , Philippe Bas, les « segmentations » éclataient au grand jour. En effet, lorsque vint le moment pour les différents syndicats de s’exprimer sur la question à l’ordre du jour, il apparut que les syndicats hospitaliers (Sud Santé, CGC-CFE, CGT, CFTC, CFDT, SNCH, FO, UNSA) se déclaraient dans leur grande majorité opposés au projet défendu par le Groupe Sainte- Anne et l’Association pour l’Ordre des infirmières et infirmiers de France (APOIIF), tandis que les représentants des syndicats professionnels (libéraux : FNI, Convergence et SNIL ; salariés : CNI, SNPI) s’y montraient tout à fait favorables.

Pour justifier leur position, les syndicats hospitaliers affirment que les infirmières elles-mêmes seraient plutôt hostiles à la constitution d’un Ordre. Pourtant, les partisans d’une telle instance n’ont de cesse de mettre en avant les résultats d’un sondage réalisé sur internet cet été et qui révélait que 92,33 % des 2 662 infirmières ayant répondu y seraient favorables. S’ils reconnaissent la faillibilité d’une enquête réalisée dans de telles conditions, les défendeurs de la création d’un Ordre infirmier remarquent cependant qu’elle « réunit un nombre de participants qui dépasse de plus du double ceux, statistiquement nécessaires, pour établir des résultats fiables à l’échelle des 60 millions de français alors que nous ne sommes que 450 000 » et « qu’il donne une telle force au « oui » que même exécuté dans des conditions plus rigoureuses, le résultat ne saurait être mis en doute ».

Au-delà de ces querelles quant au profond ressenti de professionnels qui ont surtout à cœur d’exercer rigoureusement leur métier et si possible dans de bonnes conditions, les partisans d’un Ordre infirmier espèrent surtout qu’une telle instance offrira à la profession infirmière plus d’autonomie et de responsabilisation et lui permettra à l’instar de ce qui existe dans d’autres pays européens de réfléchir sur les questions de la formation universitaire ou encore de la gestion de la démographie. L’Ordre, remarquent-ils encore, sera un « interlocuteur unique » pour le gouvernement qui bien que reconnaissant le rôle social de la profession infirmière ne l’implique guère dans les grandes préoccupations de santé publique. De leur côté, les opposants à l’Ordre jugent qu’une réforme du Conseil supérieur des professions paramédicales (CSPPM) serait suffisante, alors même que plusieurs associations et syndicats considèrent avec sévérité les modalités de nomination en son sein.

Pour trancher, le ministre de la Santé a annoncé qu’une personnalité serait très prochainement nommée pour mener « une concertation dans un délai court ». © Copyright 2005 http://www.jim.fr

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