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Lettre ouverte à Madame Le Brethon, Député-Maire Présidente du Conseil d’Administration du CHU de Caen, Et à la population de Caen et sa Région.

24 janvier 2006

Lettre ouverte à Madame Le Brethon, Député-Maire
Présidente du Conseil d’Administration du CHU de Caen,
Et à la population de Caen et sa Région.

Les Infirmièr(e)s Anesthésistes Diplomé(e)s d’Etat (IADE)
et les Infirmièr(e)s de Bloc Opératoire Diplomé(e)s d’Etat (IBODE)
des blocs opératoires assurant des gardes au CHU de Caen
veulent attirer votre attention sur leur situation professionnelle.
Suite à une directive européenne, et au décret N° 2002-9 du 4 Janvier 2002, les gardes de 24 heures sont ramenées à des journées de travail ne
pouvant dépasser une amplitude de 12 heures (Article 7).
Dans le cadre de la continuité des soins dans le service public, nous avons l’obligation d’assurer des " gardes " (ou permanences) de nuit. Par
définition, une garde est une période où seules les urgences vitales sont assurées ; celles-ci sont absolument imprévisibles. Nous sommes soumis à une
alternance de jour et de nuit sur une même semaine, contrairement à nos collègues des services de soins, ce qui augmente la pénibilité du travail.

Depuis Janvier 2006, la Direction du CHU de Caen, en supprimant un lieu de repos individuel contribue à diminuer la sécurité dans les blocs opératoires
de garde la nuit. Aucun autre CHU n’a osé prendre ce risque. Ils ont gardé le souci de sécurité et de protection apporté aux patients. Nous exigeons le
même traitement que nos collègues pratiquant sur le reste du territoire.
Entre 2 interventions, la nuit, on récupère et on attend l’urgence suivante qui demandera à 3 ou 4 heures du matin, lucidité, clairvoyance, précision. Les
patients opérés en urgence doivent bénéficier des mêmes conditions que ceux qui le sont à 9 heures du matin par une équipe qui a dormi toute la nuit.

C’est ainsi qu’un enfant accueilli en urgence à 5 heures du matin sera traité et surveillé dans les meilleures conditions possibles ou que l’infirmière de
bloc opératoire D.E servira le chirurgien beaucoup plus vite lors d’une césarienne urgente.

Vigilance, concentration, précision, rapidité sont nécessaires afin de donner " toutes les chances au patient " comme le retiennent les procureurs et les
experts.

Par cette lettre ouverte, nous revendiquons le droit de nous " poser " en un endroit individuel de repos, doté d’un téléphone et d’un système d’appel
moderne. Nous considérons que cet endroit est un outil faisant partie intégrante du système de sécurité en période de garde de nuit.

C’est un élément de sécurité que l’on veut supprimer au CHU de Caen. Les habitants de Caen et sa région n’ont-ils pas droit aux mêmes conditions de
prise en charge que ceux de Rennes ou Rouen ?
Nous nous sentons responsables auprès du patient, encore faut-il nous en accorder les moyens !
Cette mesure que nous dénonçons n’est qu’une infime partie d’un processus où les conditions de travail se dégradent. L’effort de flexibilité,
déstructurant sur le plan humain, certaines contraintes liées à la pénurie de Médecins Anesthésistes, les week-ends et fériés plus fréquents encore qu’il
y a près de 40 ans ne nous empêcheront pas de vouloir tenir à notre propre responsabilité. Si l’Administration est responsable de nous au civil, elle ne
l’est pas au pénal. Alors, nous ne comprenons pas son obstination à vouloir supprimer un élément de sécurité indispensable.

Les IADE et IBODE prenant des gardes (permanences) de nuit au CHU de Caen.
Soutenues par les organisations syndicales CFDT - CGT - FO - UNSA

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