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L’hypnose dans les salles de naissances

5 novembre 2007

L’hypnose arrive en salle d’accouchement

Introduite depuis dix ans au Centre hospitalier privé Saint-Grégoire, près de Rennes, l’hypnose médicale gagne du terrain. La voilà en maternité.

« L’hypnose fait partie de nos outils.
Elle consiste à modifier, par la parole, l’état de conscience des patientes en les focalisant sur un monde différent. On l’utilise au cas par cas. Toutes nous disent qu’elles ont apprécié. C’est un peu comme si elles avaient regardé un film
 », raconte Anne-Françoise Pelé, sage-femme au CHP Saint-Grégoire, l’un des hôpitaux privés de l’agglomération rennaise.

- La maternité, l’une des premières de Bretagne avec 3 000 accouchements par an, est le dernier service de l’établissement conquis par l’hypnose. Les sages-femmes et infirmières ont toutes reçu, ces deux dernières années, une formation en trois sessions de trois jours. Au total, 35 professionnels, y compris ceux de la médecine palliative, savent mettre en pratique cette technique qui gagne du terrain hors des salles d’opération.
« L’hypnose est une bonne réponse aux femmes en situation de stress ou d’angoisse, pour l’accompagnement d’une césarienne, par exemple », poursuit la sage-femme. Le fait de travailler en équipe permet aux professionnels de se relayer. Les soignants sont parfois confrontés à des cas douloureux, difficiles à gérer, quand la mort du bébé fait partie des pronostics à prévoir. « Maintenant, je suis beaucoup plus zen, même dans ma vie personnelle. »
Première opération il y a dix ans
Selon les médecins, l’hypnose n’a plus que des adeptes au sein de l’hôpital. Une évaluation faite auprès des soignants et des patients aboutit au score de 100 % de satisfaits ! Le projet est de passer à une nouvelle étape : proposer aux femmes enceintes une formation à l’autohypnose. Les premières séances pourraient commencer avant la fin de l’année. Les sages-femmes en sont convaincues : « Ce sera encore plus facile de travailler. »
L’hypnose médicale est bien implantée à Rennes, grâce au psychiatre Claude Virot, l’un des pionniers européens de la technique. Ce formateur a été relayé par plusieurs anesthésistes locaux, tous preneurs de cette nouvelle méthode pour gérer le stress et la douleur. Le Dr Franck Bernard, arrivé au CHP Saint-Grégoire en 1994, est l’un des médecins bretons à s’être lancé dans l’aventure. « La première opération a eu lieu en 1996. C’était une ligature de trompes sous coelioscopie. » Petit à petit, il a réussi à convaincre ses autres collègues, plus d’une vingtaine. Aujourd’hui, 10 % des patients en côloscopie sont volontaires. « Quand le geste est désagréable, il peut cependant être accompagné d’une petite anesthésie locale », précise le docteur Bernard.
(source Ouest france )

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