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EI8 : Il faut sauver Stan !

1er décembre 2007

Gestion des situations critiques en Anesthésie

Module de formation destiné aux I.A.D.E.
Objectifs :
- S’entraîner à la gestion des situations critiques en anesthésie
- Intégrer les conditions d’efficacité du travail d’équipe dans la gestion de ces situations
- Apprendre à utiliser les ressources de façon optimale
- Reconnaître les comportements dangereux
- Eviter les principales erreurs
- Comprendre comment un événement se transforme en accident
Moyens pédagogiques :
- Exposés théoriques
- Simulateur de patient, reproduisant les modèles respiratoire, cardiovasculaire et pharmacologique
- Circuit vidéo permettant d’enregistrer et de visualiser à distance les simulations
- Grilles d’évaluation technique et comportementale

Il faut sauver STAN !!!

Nous sommes un groupe de 10 stagiaires, tous I.A.D.E venant d’horizons différents. A notre disposition, 2 salles. La première salle où nos formateurs exposent des notions théoriques. Cette salle est reliée par écran vidéo à un deuxième lieu où se trouve le simulateur de patient, reproduisant les modèles respiratoire, cardiovasculaire et pharmacologique….nous avons nommé Stan. Nous pouvons donc visualiser à distance les simulations.

Nos formateurs proposent à l’ensemble de l’équipe un cas clinique, une fiche signalétique avec les renseignements sur l’identité du patient…photo à l’appui, âge, profession, poids, taille, ASA, les antécédents médicaux, chirurgicaux, familiaux, les allergies éventuelles, les habitus, les
éventuelles transfusions antérieures, les facteurs de risque CV, les critères d’intubation, l’examen clinique, le traitement personnel. Une équipe de deux I.A.D.E. est
désignée pour se rendre dans la pièce où se trouve Stan, ils vont devoir agir…. Les huit autres restent dans la salle où ils vont pouvoir visionner et entendre le travail effectué par leurs collègues grâce au circuit vidéo.

Après avoir pris connaissance des informations de la fiche signalétique, la simulation peut commencer : les deux I.A.D.E. doivent communiquer entre eux, faire l’ouverture de salle, contrôler les produits d’anesthésie, accueillir le patient (pas facile de parler avec un mannequin…mais tout le monde joue le jeu). Tout est fonction, bien évidemment, du cas clinique proposé. Dans cette pièce, les deux formateurs sont présents, l’un aux commandes informatiques de Stan et l’autre, notre médecin anesthésiste « multitâches » joue un rôle de perturbateur face à l’anesthésie en cours. Il a aussi pour rôle de refléter la place du chirurgien au cours de l’intervention (il faut avouer qu’il interprète le rôle à merveille !!!!!).

Pendant ce temps, en salle 2……. Les huit stagiaires voient et entendent leurs collègues mais ne peuvent pas communiquer avec eux. Ils observent l’ensemble de l’organisation de la prise en charge dans sa globalité (Check List, accueil, induction, incision…). La mise en scène est fort bien menée. Les critiques sont aisées ; l’ambiance enthousiaste et dynamique au poste d’observateurs révèle une vision autre de notre formation. De l’autre côté de l’écran, les 2 candidats réfléchissent, agissent, transpirent…. Le médecin anesthésiste est épatant, excellent. Il programme des situations incluant des incidents, des accidents pré, per et post opératoires.
Sur l’écran, troubles du rythme, chute de la saturation, arrêt cardiaque, etc. sont visualisés. Que faire dans une situation d’urgence, qui prend la décision d’agir, pensons-nous suffisamment à demander de l’aide ? Beaucoup de questions posées lors de cette formation rendent ces exercices intenses, stimulants, enrichissants et même excitants (avec montée d’adrénaline).

Tous, nous passons au moins 2 fois dans la situation d’exécutant. Tous, nous avons trouvé, dans ces simulations, une remise en question de notre manière de gérer notre stress face à des situations si peu fréquentes mais pouvant à tout moment arriver : l’allergie, l’intubation impossible, la défaillance cardiaque majeure, l’hyperthermie maligne, embolie pulmonaire, une erreur dans les produits injectés, etc.

En conclusion, cette formation pourrait faire partie intégrante de nos études. Des injections de rappel seraient également un facteur positif dans l’exercice de notre profession. Nous sommes plus que satisfaits d’avoir fait partie de cette expérience. Ce stage de 2 jours est intense et fructueux. Nous sommes repartis « ragaillardis » et avec un peu plus d’humilité. Cette bouffée d’oxygène en cette période un peu troublée est la bienvenue. Inscrivez-vous !!

M-O. LEPY M. BATAILLE

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