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EI8 : Editorial

1er décembre 2007

Inscrite dans la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002, la validation des acquis de l’expérience(VAE) permet désormais pour une qualification donnée, l’obtention d’une certification équivalente à celle délivrée par la formation initiale.
Il s’agit d’une démarche personnelle et volontaire passant par la réflexion, la conceptualisation, puis la formalisation des acquis professionnels, nécessitant une implication importante tout au long de la procédure qui par ailleurs, doit respecter une méthodologie stricte et codifiée. Autant dire que le chemin vers la VAE peut s’avérer long et difficile.

Quels grands principes ont guidé les initiateurs de cette loi appliquée entre autre au secteur sanitaire ?
Tout d’abord, le projet d’un éventuel transfert de compétences lié aux évolutions démographiques médicales et paramédicales à venir, mais aussi la loi du 4 mars 2004 sur la réforme de la formation au cours de la vie professionnelle visant à maintenir et adapter les compétences. Le souci d’amélioration qualitative des pratiques paramédicales. Enfin la nécessité d’une harmonisation des qualifications au niveau européen.
Alors me direz- vous, quelle conséquence pour la profession ? La principale inquiétude réside dans la remise en cause potentielle de notre « légitimité » professionnelle par la VAE, dans la mesure où celle-ci

pourrait en théorie permettre l’acquisition d’une qualification paramédicale en anesthésie par une autre voie que la formation actuelle sanctionnée par un diplôme d’état. Face à cette interrogation, la réponse contenue dans la loi est explicite : « On ne peut valider des acquis de l’expérience par un exercice illégal de la profession ».Ainsi donc les IADE sont-ils assurés de conserver leur exclusivité d’exercice et leur statut si chèrement acquis…
Alors me direz-vous encore, quel intérêt ?

Peut-être une opportunité à saisir pour réfléchir et travailler à l’avenir de notre profession en termes d’ouverture et d’élargissement du champ de nos compétences, au lieu d’un repli frileux confinant parfois au corporatisme comme nous le constatons trop souvent au quotidien pour d’autres catégories professionnelles…
Face aux enjeux et mutations à venir, nous devons rester vigilants mais aussi être constructifs. La mise en place de la VAE a tout au moins le mérite d’illustrer parfaitement cette double nécessité.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, nous les renvoyons au n° spécial VAE du journal d’information du SNIA par ailleurs partie prenante dans le travail de réflexion autour de la VAE et des référentiels de compétences ou à leur site : http//www.snia.net.
Ch. TAHOULAN

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