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A Monsieur le Ministre de la Santé et des Solidarités

14 février 2006

COLLLECTF IADE - IBODE - CHU de CAEN

A Monsieur le Ministre de la Santé et des Solidarités

Monsieur le Ministre,

Nous tenons à attirer votre attention sur la dégradation des conditions de travail des IADES et IBODES exerçant en bloc opératoire et sur l’absence de dialogue social au CHU de Caen.
Suite à une directive européenne, et au décret N° 2002-9 du 4 Janvier 2002, les gardes de 24 heures sont ramenées à des journées de travail ne pouvant dépasser une amplitude de 12 heures (Article 7). A cette occasion la Direction Générale du CHU a décidé de supprimer les chambres de garde pour les personnels considérés. Décision prise sans concertation et sans demander l’avis des instances consultatives du personnel (CTE et CHS-CT), tant sur les nouveaux horaires que sur la suppression des lieux de repos individuels.
Depuis le mois de mai 2005 , nous avons rencontré M. GUTERMANN, Directeur des Ressources Humaines ainsi que Mesdames SAINT-PIERRE et BIERY, Direction des Soins, sans qu’il soit possible de discuter.
Suite aux interventions de Mme Brigitte LEBRETHON, Député Maire de Caen, et du Pr. VALDAZO, Président de la CME, nous avons réussi à obtenir un rendez-vous avec M. RAYROLES, Directeur Général, le 30 janvier 2006.
Nous avons constaté l’intransigeance du Directeur qui ne veut absolument pas entendre nos arguments et reste campé sur ses positions.
Le CHU de Caen est l’un des seuls établissements en France où les infirmier(e)s spécialisé(e)s ayant une alternance de travail diurne et nocturne pour assurer la continuité des soins, se voient supprimer les chambres de garde.
Cette organisation du travail entraîne une fatigabilité plus intense qui pourrait être source d’un manque de vigilance si nous n’avons plus la possibilité de nous reposer convenablement entre deux interventions urgentes. La dispersion des sites de gardes (3 sites) entraîne une augmentation du nombre de gardes de nuit à assurer. De plus, il faut prendre en considération que 35% des IADES et des IBODES ont plus de 50 ans.
Ce contexte difficile est accentué par la pénurie de Médecins Anesthésistes Réanimateurs dans notre établissement (11 postes vacants) et à ce jour il ne reste qu’un Neuro-réanimateur.
Toutes les IADES occupant des postes en SSPI et dans les véhicules de SMUR ont été remplacé(e)s par des IDE pour juguler une pénurie non avouée. De même dans les blocs opératoires exercent un nombre non négligeable d’IDE non spécialisées du fait du manque d’IBODES.
Nous vous alertons sur le fait que tous ces éléments concourent à une diminution de la qualité des soins et de la sécurité dans la prise en charge des patients.
L’augmentation de la charge mentale, dont chacun sait qu’elle est un facteur ayant une incidence certaine sur la qualité et la sécurité des soins, ne semble donc pas prise en compte par la Direction Générale à l’occasion de cette mesure ponctuelle qui détériore des conditions d’exercices déjà préoccupantes.
Une enquête interne, réalisée à l’initiative de ces personnels auprès des Médecins assurant avec eux la permanence des soins montre que ces inquiétudes sont partagées. Au point que la majorité se déclare favorables à une mission d’enquête de l’IGAS, que vous pourriez diligenter, concernant les conditions de l’organisation de la permanence des soins au sein de l’établissement.
Par ailleurs la quasi unanimité se déclare inquiète de la profonde dégradation du lien sociale au travail depuis plusieurs années.
Ceci ne représente pas un contexte favorable pour la mise en œuvre des réformes que les pouvoirs publiques ont choisi pour donner un nouveau souffle à l’hôpital public.
Le désenchantement hospitalier a fait l’objet d’un rapport à votre Ministère. Il ne semble pas que ce rapport ait porté ses fruits au sein de notre établissement

Nous dénonçons le mépris dont fait preuve la Direction à l’égard du personnel en général. En effet nous pourrions vous citer d’autres cas, comme par exemple le transfert de l’unité de réanimation du service de neurochirurgie décidée en 24H sans qu’aucune concertation n’ait eu lieu, ni aucune information soit faite au personnel qui a été mis brutalement devant le fait accompli.
L’ensemble des éléments que nous apportons à votre connaissance ne concoure pas à l’attractivité du CHU de Caen et nous avons jugé utile de vous informer de nos inquiétudes relatives au devenir de l’établissement dans un contexte, démographique et budgétaire, connu pour être très défavorable.

Les IADES et IBODES du CHU de Caen, soutenu(e)s par les Médecins Anesthésistes, les Chirurgiens et par l’intersyndicales CFDT - CGT - FO - UNSA souhaitent que soient maintenu les lieux de repos individuels qui permettaient au personnel d’assurer une prise en charge des patients dans des conditions de qualité et de sécurité optimum. Cette mesure n’ayant aucune incidence sur le budget du CHU. Ils espèrent que vous comprendrez la nécessité d’améliorer rapidement le climat social explosif dans cet établissement.

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