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21 mai 2015

21 mai 2015


extrait de infirmier.com
Ce jeudi 21 mai, les infirmiers anesthésistes se sont rassemblés devant le ministère des affaires sociales et de la santé afin de clamer leurs revendications. Largement suivie en région parisienne et en province, cette journée de grève nationale est un cri d’alarme poussé par une profession (toujours) en quête de reconnaissance.

Les IADE défendent leurs revendications devant le ministère de la santé
Ils avaient obtenu une revalorisation de leur diplôme en 2014, les voilà une nouvelle fois dans la rue pour faire valoir leurs droits. Un an après avoir acquis le grade universitaire de master, les IADE réclament une reconnaissance statutaire officielle. Nous avons un bac +5 mais notre diplôme n’est toujours pas reconnu en tant que tel. Le ministère nous a accordé le grade de master mais pas le niveau. C’est la raison pour laquelle notre grille salariale reste sous-évaluée. En effet, hormis la possibilité de suivre d’autres formations universitaires, l’obtention de ce grade n’a induit aucune revalorisation concrète de la profession. Désormais, nous avons un master pour un cursus qui dure en réalité 7 à 8 ans, il est logique que la grille salariale évolue, avance Jean-Marc Serrat, président du Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes (SNIA). Nous ne devrions pas être obligés de manifester. L’augmentation des salaires aurait dû se faire naturellement. C’est ce que considère également l’Ordre National des Infirmiers (ONI). Dans un communiqué de presse datant de ce jeudi, l’ONI se rallie au mouvement et réclame une reconnaissance pleine et entière du LMD pour l’ensemble de la profession. Ce matin, beaucoup ont fait le déplacement, notamment de Lille et de Grenoble, pour cette mobilisation. Ceux qui n’ont pas pu se rendre à Paris ont été appelés à se rassembler devant l’ARS de leur région. Nous sommes ici pour récupérer notre dû !, s’exclame une IADE venue de province. Nous injectons des médicaments sans prescriptions et de façon autonome, nous réadaptons les respirateurs et assurons l’entretien de l’anesthésie. Ce n’est pas le médecin qui se charge de tout cela, c’est nous. Notre salaire devrait être à la hauteur de nos responsabilités !. En effet, la différence de salaire entre un IDE et un IADE diminue avec les années de carrière. Cette reconnaissance statutaire reste donc l’une de leurs principales revendications (parmi tant d’autres).

Des revendications exprimées depuis 2010

En 2010, Marisol Touraine nous avait dit de « ne rien lacher ». Et bien qu’elle se rassure : nous ne lâcherons rien !, garantit Jean-Marc Serrat. Ce mouvement est la suite logique du 5 juin 2014. Ce jour là, devant le ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, nous avions promis de revenir. Nous sommes donc de retour. Depuis 5 ans, les infirmiers anesthésistes réclament, entre autre, une réaffirmation de leur rôle dans les services extra hospitaliers, notamment dans les SMUR. Les IADE sont de plus en plus évincés uniquement pour des raisons budgétaires. A leur place, on préfère recruter des IDE dans les SMUR parce que ça coûte moins cher. Mais de ce fait, la qualité de la prise en charge du patient s’en trouve altérée.

Depuis 2010, les infirmiers anesthésistes ont également perdu une reconnaissance de la pénibilité de leur profession. Pourtant, les raisons justifiant cette revendication sont multiples : des horaires décalés, un exercice de nuit, des astreintes et des gardes étendues... Nous sommes exposés à des produits chimiques dangereux et à des liquides biologiques très contaminants. Parfois, nous sommes amenés à endormir les patients après une journée de 22h. Si ce n’est pas une situation de pénibilité, qu’est ce que c’est ?, s’interroge Edouard Podyma, secrétaire général adjoint du SNIA.

Une mobilisation largement suivie par l’ensemble de la profession.
En 2010, Marisol Touraine nous avait dit de « ne rien lacher ». Et bien qu’elle se rassure : nous ne lâcherons rien !

Déterminés à mener cette action jusqu’au bout

Nous nous sommes battus en 2014 pour le grade de master et nous l’avons obtenu « aux forceps », le mouvement va continuer. Nous n’avons pas pour habitude de baisser les bras. Et pour cause. Il a 5 ans, le conflit qui opposait les IADE aux représentants politiques a duré 7 mois et s’est soldé par des violences policières le 1er octobre 2010. Aujourd’hui les IADE sont résolus à obtenir ce qu’ils réclament. Nous n’aimerions pas en arriver là une seconde fois, mais nous n’allons pas nous laisser faire. Nous ne connaissons pas la soumission, réagit Jean-Marc Serrat. Ce jeudi à 11h, le SNIA a été reçu par Michèle Lenoir-Salfati, sous directrice des ressources humaines du système de santé à la direction générale de l’offre de soins (DGOS). Nous sommes très contrariés depuis hier soir, à l’annonce de cet entretien avec la DGOS. Nous nous attendions à être reçus par Grégory Guillaume, chef du cabinet de Marisol Touraine, et pas uniquement par des représentants administratifs. A défaut de nous recevoir aujourd’hui, les politiques auraient pu s’entretenir quelques minutes avec nous ou nous proposer une date de rendez-vous ultérieur, s’indigne Jean-Marc Serrat. Aujourd’hui, à l’issue de cette journée de grève nationale, les IADE espèrent au moins obtenir « un calendrier de négociations » pour arriver, à terme, à une reconnaissance statutaire à la hauteur de leur « juste valeur ».

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